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La grève en éducation est un baume qui doit s’étendre !Après avoir mis des bâtons dans les roues des syndicats, après avoir coupé dans l’aide sociale des plus jeunes, après avoir bonifié les garderies à 5 piasses en garderies à 7 piasses, voilà que le gouvernement Charest s’attaque à l’éducation. Au cours des deux dernières années, on a vu les travailleurs, les travailleuses, les pauvres et les exclus de notre société être balayés sous le tapis. Est-ce que les étudiant-e-s du Québec réussiront à placer leur grain de sable dans les rouages de la machine néo-libérale ? On imagine joyeusement Jean Charest comme un punching-bag, une cible en carton ou un pigeon d’argile. C’est tout naturel. Tant la physionomie que les actions de ce personnage justifient qu’on ne l’aime pas. Pourtant, Charest ne fait que concrétiser ce que fantasment tous les hommes d’affaire depuis longtemps : une population de travailleurs sans protection sociale, n’ayant que leur travail à vendre, prêts à accepter n’importe quel salaire à n’importe quelles conditions. Peu de gens, sauf les patrons, veulent de ce que le gouvernement libéral nous propose : la sous-traitance, la privatisation... la Wal-martisation de nos relations de travail. La « réingénierie » de l’éducation obéit aux mêmes impératifs idéologiques idiots que la « réingénierie » des autres secteurs : « ce qui ne profite pas aux investisseurs ne profite à personne ». En réalité, une éducation accessible et gratuite est impérative à la participation de toutes et tous aux prises de décisions qu’une société qui se dit démocratique implique. Le savoir devrait y jouer un rôle social actif et proposer des solutions saines aux problèmes qu’on y rencontre. On ne devrait jamais faire confiance au « marché » pour faire des choix logiques en matière d’éducation comme ailleurs. C’est pourquoi la privatisation ou l’embourgeoisement de l’éducation sont les pires scénarios que l’on puisse imaginer. Abandonner le contrôle des écoles aux grosses corporations et aux riches, c’est comme donner une pilule jaune à un pac-man méchant ou l’avenue du parc au plus riche joueur au monopoly : c’est carrément l’équivalent d’un suicide collectif. En lisant ce numéro spécial de Cause Commune, y'a des gens qui doivent se demander : « De quoi la NEFAC se mêle avec la grève étudiante? ». Nous avons la réputation d'être des jeunes travailleurs-euses qui ne s'intéressent qu'aux luttes syndicales (ouvrières). Si le syndicalisme est effectivement un de nos intérêts et un de nos champs de lutte, réduire l'activité de la NEFAC strictement au support des luttes syndicales relève d'une pensée assez réductrice. En fait, nous sommes avant tout une organisation pour qui la lutte des classes, dans toute sa globalité, est l'endroit où les politiques libertaires ont naturel-lement leur place et où elles ont le plus de chance d'être reprises et popularisées. Présentement, le combat qui oppose les étudiant-e-s et le gouvernement Charest à propos de l'accessibilité à l'éducation relève d'une lutte des classes entre les étudiant-e-s issues des classes populaires et les intérêts capitalistes du système d'éducation. Voilà pourquoi nous supportons la grève étudiante. Aux gens qui pourraient penser que voulons récupérer la lutte, nous leur répondons que nous sommes en tout temps pour l'autonomie des mouvements sociaux. Dans le cas actuel, ça veut dire que nous voulons que l'orientation des grèves, actions et manifestations étudiantes soit décidée par les instances qui sont propres au mouvement étudiant (assemblées générales, comités de grève, etc.). Notre rôle, en tant qu'organisation révolutionnaire, n'est que d'appuyer la lutte, d'agiter pour qu'elle se radicalise et de rappeller les expériences du passé. De toutes façons, quitte à gâcher la (fausse) image que les gens se font de nous, nous allons dévoiler au grand public que ce n'est pas tous les membres de la NEFAC qui se tapent les « 40 heures » par semaine de travail salarié et qu'il y a aussi des étudiant-e-s parmi nous! D'autres retourneront probablement un jour à l'école pour poursuivre leurs études. Encore d'autres ont des enfants qui fréquenteront dans le futur les cégeps et universités. Dans ce sens, c'est tout à fait dans nos intérêts que la présente grève soit victorieuse pour le mouvement étudiant. |
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